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Rapport spécial

Le président Kagame parle à Al Jazeera : Entretien complet 

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Le président Paul Kagame a approfondi la façon dont il a conduit le Rwanda d’un État défaillant à un État progressiste et qu’il envisage de rester plus longtemps ou non. Il a également parlé des relations entre le Rwanda et l’Ouganda. De plus, il a parlé du nouveau changement de paradigme de l’Afrique en ce qui concerne la gestion de ses propres affaires sans la main de l’Occident.

Lire la suite (Entretien complet) ci-dessous.

Ali Aldafiri : Quand j’avais 19 ans Monsieur le Président, on ne connaissait le Rwanda qu’à travers les massacres qui ont eu lieu dans ce pays à travers le journal télévisé de l’année 1994. Aujourd’hui le Rwanda s’est transformé et changé, il y a une très grande renaissance. Qu’avez-vous fait, quel est le mot de passe que vous utilisez pour réaliser cette grande transformation et ce succès dans votre pays ?

Président Kagame : Eh bien, vraiment, nous sommes venus de loin, presque jusqu’à la non-existence, là où nous sommes maintenant. Le pays est stable, est en paix, nous progressons, il y a de la croissance, il y a du développement, les gens se rassemblent, le pays était tellement divisé dans le passé, maintenant il y a l’unité dans le pays.

Donc, je pense que des progrès sont en cours, il y a encore beaucoup de travail à faire, nous avons un long voyage à parcourir pour être là où nous voulons être, donc il n’y a pas de secret je pense, c’est juste des gens qui comprennent la nécessité d’aborder les défis auxquels nous sommes confrontés et nous essayons de le faire de la meilleure façon possible et d’impliquer tout le monde.

Et, oui, il y a des dirigeants, des gens, des citoyens ordinaires qui doivent être impliqués et bénéficier de différentes politiques, des politiques socio-économiques qui mènent à cette transformation, c’est ce que nous avons dû faire en tant que dirigeants, c’est nous assurer que nous mettons en place ces politiques socio-économiques, en travaillant avec les citoyens et en veillant également à ce que chacun avance dans la bonne direction.

Ali Aldafiri : Il y a eu 800 000 morts d’avril à juillet 1994, ce n’est pas du tout facile de tourner cette page. Quelles ont été les initiatives que vous avez adoptées au cours des 27 dernières années pour surmonter ce problème chez les Rwandais ?

Président Kagame : J’ai parlé de politiques, j’ai parlé de l’implication des citoyens, j’ai parlé des dirigeants vraiment concentrés et faisant également les choses de manière à gagner la confiance des habitants de ce pays, je pense que c’est là que nous mettons beaucoup d’efforts énergie et nous ne nous sommes pas trompés, les résultats parlent d’eux-mêmes.

Ali Aldafiri : Quelles sont les garanties que le Rwanda ne reviendra pas à ces jours très difficiles ?

Président Kagame : Eh bien, parce que nous ne travaillons pas dans ce sens ! Nous travaillons vers autre chose. Nous le faisons de manière durable, et c’est durable grâce, premièrement, aux personnes elles-mêmes qui s’impliquent et comprennent la nécessité de faire ce qu’elles font, deuxièmement, cela apporte de la stabilité et nous continuons à bâtir sur cela.

Alors nous nous sommes concentrés sur la construction d’une fondation, nous avons construit des institutions ; nous avons également essayé de créer un changement de mentalité, généralement pour notre peuple.

Dans le passé, nous avions des Rwandais qui restaient assis et presque parfois ne faisaient rien parce qu’il y a des gens riches qui aident les pauvres et ils viendront pour aider, et maintenant nous disons, d’accord n’attendons pas les gens qui veulent bien faire , et faites le bien et apportez-nous, vous savez, ce qu’ils peuvent nous donner à vivre. Faisons cela nous-mêmes, soyons capables, bien sûr, lorsque vous travaillez avec d’autres ou avec ceux qui veulent faire le bien et apporter tout ce qu’ils veulent apporter, alors ils devraient nous trouver en train de faire déjà de bons progrès.

Ali Aldafiri : Monsieur le Président, lorsqu’une personne parle de projets futurs, c’est important et logique. Il est logique que le changement nécessite de nombreuses années pour être réalisé mais lorsqu’un président parle d’avenir et qu’il est au pouvoir depuis l’an 2000, cela indique-t-il que vous avez l’intention de rester plus longtemps en tant que président du Rwanda ?

Président Kagame : Eh bien, je n’ai pas besoin d’être au pouvoir pour voir les avantages de ce dont je parle. Certaines des bonnes choses sont déjà arrivées de toute façon et je les vois. Il y a beaucoup d’autres choses que nous attendons qui sont bonnes pour nous, qui sont bonnes pour le pays, peut-être que certaines d’entre elles viendront quand je ne serai pas là, mais certainement les Rwandais verront cela ou contribueront à ce que cela se produise, et etc., etc.

Donc, c’est pourquoi cela me ramène à dire, pour moi ce n’est pas vraiment un gros problème, si ce que je fais maintenant, ce que je ferai ou ce que je verrai demain, est juste une partie d’une chose plus grande que moi, et aussi cela fait partie d’un processus. Mais comme je l’ai mentionné plus tôt, cela dépend aussi de ce que veulent les gens de ce pays.

Ali Aldafiri : Est-ce que l’opposition politique pacifique est autorisée à travailler ici au Rwanda et à faire face au président, à être en désaccord avec le président et à chercher le pouvoir en rivalisant avec lui dans les urnes ?

Président Kagame : L’opposition existe. L’opposition signifie que les gens ont des points de vue différents sur la gouvernance, sur tout ce qui se passe dans le pays. Même s’ils avaient dix ans et poursuivaient des lignes de pensée différentes, une pensée politique, ils convergent sur une chose, toutes. C’est mon attente. Ils convergent vers le bien-être de la population, mais aussi la stabilité du pays. Je pense que sur celui-là, ils ne sont pas en désaccord.

Je ne pense pas qu’il y aurait quelqu’un qui s’appellerait « opposition », et cela est compris comme étant opposé à l’arrangement établi, pensant que « non, je veux supprimer ceux-ci et apporter de l’instabilité au pays ». Donc, en d’autres termes, ce sont des choses sur lesquelles ils convergent.

Donc, dans notre cas, nous avons aussi eu que de toute façon dans notre histoire, nous avons eu de l’instabilité et nous avons eu de l’instabilité à un moment où en fait ces différents partis appelés partis d’opposition avaient émergé, et tous ont participé à cette instabilité, tous les des soirées.

Ce génocide dont vous entendez parler qui s’est produit il y a 27 ans, peu importe de quel côté ils venaient, donc il n’y avait pas d’opposition, soi-disant que vous avez mentionné, qui s’est levée et a dit ‘non, nous ne pouvons pas descendre cette route’. Ils y ont effectivement participé. Pourquoi penseriez-vous que cela s’est produit?

J’essaie donc d’attirer votre attention sur le fait que chaque pays a son propre contexte et les circonstances dans lesquelles il opère. Par conséquent, vous ne voulez pas simplement établir un modèle et dire que chaque pays doit suivre cette façon de faire. Je ne pense pas que même ces champions de la démocratie fassent cela.

Ali Aldafiri : Mais certaines personnes disent que le président Paul Kagame a une tendance à considérer le continent africain comme un flair africain qui rejette les normes occidentales dans des domaines comme la démocratie et les droits de l’homme.

Kagame dit toujours que « nous avons des valeurs africaines, nous avons la culture, c’est nous qui décidons comment et de quelle manière nous devons vivre » mais le modèle occidental Monsieur le Président domine le monde. Alors comment affrontez-vous ce modèle occidental et quelles autres valeurs africaines voulez-vous dominer dans la réalité africaine ?

Président Kagame : Quand nous parlons de l’Afrique, puis de l’histoire de l’Afrique et de la gouvernance et des dirigeants actuels, pourquoi devrions-nous aussi oublier l’histoire ? Les gens viennent et ils veulent prétendre que les problèmes ne font que commencer aujourd’hui ou qu’ils n’impliquent pas réellement ces mêmes personnes qu’on nous dit d’imiter, d’admirer, de… Non, ils font partie de mon problème.

Nous devons assumer la responsabilité de nos propres méfaits, l’Afrique. Cela ne fait aucun doute, nous ne pouvons pas y échapper, nous ne devrions pas y échapper. Mais devons-nous aussi garder le silence sur les torts causés par d’autres à l’Afrique dans le passé ? D’ailleurs, même dans le présent.

Alors, comment puis-je, même en tant que personne, accepter que ces diktats prévalent, que je devrais garder le silence sur certains torts qui m’ont été faits, contre moi, et me contenter de suivre les diktats des autres à mon égard, même lorsqu’ils commettent des erreurs similaires ou pires dans leur propre situation ?

 

 

Ali Aldafiri : Il y a eu des problèmes avec l’Ouganda en mars 2019 dans la région des Grands Lacs. Avez-vous surmonté ce problème, d’autant plus que Museveni est un allié du président Paul Kagame puisque vous avez travaillé ensemble pendant de longues périodes ?

Avez-vous surmonté cette question et comment ce différend a-t-il affecté la région ici en Afrique de l’Est ?

Président Kagame : Pas encore. Je pense qu’il y a encore un certain nombre de problèmes qui devront être résolus. Eh bien, il faut être deux pour danser, je suppose que les deux pays continuent à chercher une solution aux problèmes qui existent encore, nous en comprenons la cause profonde, nous entendons donc être en mesure de comprendre la voie à suivre et de mieux que ce que nous avons eu dans le passé récent.

Ali Aldafiri : Monsieur le Président, quelle est la nature du différend entre vous et l’Ouganda, en particulier les problèmes entre vous ?

Président Kagame : Nous avons eu l’occasion de discuter ouvertement de certains de ces problèmes, par exemple, je viens d’ouvrir deux faits clés : une grande partie de la frontière est fermée et certaines personnes diront simplement d’ouvrir la frontière et de faire du commerce et… ce que tout le monde veut et dans toute la région. Maintenant, pour nous, le problème est de savoir ce qui a conduit à la fermeture de la frontière et il faut y répondre avant que la frontière en tant que telle ne soit ouverte.

Nous avons simplement établi une situation où les Rwandais ont établi une situation où ils se trouvent, ils ont toutes sortes de prétextes qu’ils avancent pour parler de l’insécurité qui est causé par les Rwandais, et nous avons soulevé des questions autour de ce qui équivaut vraiment à de la persécution plutôt qu’à tout ce qui provient des Rwandais qui se sont attirés en Ouganda.

Mais lorsque les Ougandais viennent au Rwanda, ils n’ont pas connu les mêmes difficultés que les Rwandais lorsqu’ils se sont manifestés en Ouganda, et la question ici est de savoir si vous parlez de fermeture de frontière, une frontière est pour les gens, les gens qui vont et viennent.

Ali Aldafiri : Pourquoi Museveni, votre ancien allié, fait-il cela ? Certaines personnes disent qu’il y a une crainte du leadership et de l’hégémonie de Paul Kagame dans la région. S’agit-il plus de concurrence que de conflits de frontières ?

Président Kagame : Je ne sais pas, je ne veux pas argumenter pour quelqu’un d’autre. Si vous me demandez ce qui me concerne, je vous le dirai, mais si vous demandez…

Ali Aldafiri : Monsieur le Président, appelez-vous le Président Museveni ou communiquez-vous entre vous ?

Président Kagame : Nous avions l’habitude de le faire. Nous avions l’habitude de nous parler, mais ces derniers temps, cela s’est plus ou moins arrêté.

Ali Aldafiri : Est-ce bien longtemps ?

 

Président Kagame : C’est pour un certain temps. Et jusqu’à ce que ces problèmes soient résolus, parler n’est pas seulement parler pour le plaisir, nous parlons parce que nous avons des relations et que nous devons faire des choses ensemble, mais sinon, de quoi parle-t-on ?

Ali Aldafiri : Monsieur le Président, que fait l’armée rwandaise au Mozambique, en Afrique centrale, combien de temps l’armée restera-t-elle à l’extérieur du pays ?

Président Kagame : Eh bien, le problème mozambicain, nous étions, tout d’abord en tant qu’Africains et même en tant qu’amis du Mozambique, lorsque le Mozambique avait un problème et voulait que nous travaillions avec eux pour résoudre n’importe quel problème, ils sont allés dans d’autres pays, ce n’est pas juste le Rwanda, et pour nous, nous avons répondu comme nous le pouvions et nous avons travaillé avec les Mozambicains pour résoudre les problèmes qui, et comme nous devions le faire, je pense que beaucoup de succès ont été obtenus.

Donc, encore une fois, c’est entre nous et les Mozambicains et quiconque d’autre à qui ils ont demandé d’aider à décider de la voie à suivre, et la voie à suivre serait dictée par les conditions sur le terrain et le travail qui doit être fait, hein… en vue de cela. Donc je ne vois vraiment pas cela comme un problème.

Ali Aldafiri : Jusqu’à quand l’armée rwandaise restera-t-elle au Mozambique ? Cette mission ne devrait-elle pas être laissée aux Mozambicains ? Alors, votre armée va-t-elle rester plus longtemps au Mozambique ?

Président Kagame : C’est ce que je dis, cela sera résolu entre le Rwanda et le Mozambique. Nous sommes capables de discuter et de voir quels problèmes sur le terrain aborder et comment et combien de temps cela prend.

Mais pour certaines de ces choses, vous ne vous contentez pas de donner une date et de dire « non, j’y vais », même lorsque nous y allions, nous ne disions pas que nous allions résoudre ce problème en une semaine, en un mois, et nous sont partis. Cela ne se passe pas ainsi. Alors, que pouvons-nous faire?

Beaucoup dépend aussi des circonstances. Cela dépend de ce qu’il y a vraiment sur le terrain, et aussi des sentiments des Mozambicains qui ont demandé de l’aide dans la région, la région de l’Afrique australe, qui nous a demandé, et il y a beaucoup de discussions qui se poursuivent pour savoir quoi faire ensuite . Ce n’est donc pas un gros problème.

Ali Aldafiri : Vous avez présidé l’Union africaine au cours de cette avant dernière session ; vous avez proposé plusieurs projets d’intégration des Africains tels que le libre-échange, le marché unique du transport aérien africain et le libre-échange africain.

A votre avis, quel est le volume de problèmes auxquels se heurte la question de la coopération africaine et de la construction d’un bloc économique solide qui dépend et profite des richesses du continent pour faire avancer les pays ?

Président Kagame : L’Afrique doit se rassembler et c’est pourquoi nous avons une Union africaine, c’était pour essayer de rassembler l’Afrique, pour travailler ensemble pour la coopération, pour, vous savez, être en mesure de relever les nombreux défis auxquels l’Afrique est confrontée.

Ainsi, lorsque je suis devenu président de l’Union africaine en 2018, mais même avant ou même après cela, nous insistons toujours sur le fait que l’Afrique travaille ensemble. Que ce soit pour la sécurité, pour le commerce et les investissements, ou pour faire face ensemble à ces injustices dont nous avons parlé plus tôt.

Ali Aldafiri : Quel est l’obstacle ? Certains disent que la grande partie des obstacles de l’Afrique vient de l’extérieur de l’Afrique.

Président Kagame : Eh bien, c’est ce que nous devons d’abord accepter. Est-ce que ça vient de l’extérieur ? Est-ce quelque chose que nous pouvons… et donc, quoi que ce soit, d’où qu’il vienne, même s’il vient de l’intérieur d’ailleurs, nous pouvons toujours travailler ensemble pour y remédier.

Ce n’est pas que nous devrions nous réunir pour aborder ce qui vient de l’extérieur. Non, il s’agit de s’attaquer à ce qui nous affecte généralement, même si cela devait provenir d’un autre pays d’Afrique, vous savez, nous affecte ou affecte un certain nombre d’entre nous, il doit être traité.

Ali Aldafiri : Quelle est la pire image dans la mémoire du président Paul Kagame au cours des années d’asile qui reste gravée dans votre esprit ?

Président Kagame : Bon, je dis c’est une image de pauvreté, c’est une image de privation, c’est une image d’instabilité parce que même quand j’étais gosse, quatre ans, quand nous, ma famille fuyions le pays et allions dans le pays voisin pays Ouganda, je me souviens encore, même jeune, du chaos que je pouvais voir, de la façon dont nous sommes précipités ici et là, alors au fur et à mesure que je grandissais, ces souvenirs sont également restés dans mon esprit jusqu’à maintenant.

Ali Aldafiri : Le colonialisme pendant des décennies et des siècles a créé une image négative ou un stéréotype pour les Africains. Aujourd’hui, il y a divers succès remportés par les Africains.

L’image des Africains vous préoccupe aujourd’hui à l’heure où les Africains présentent avec succès des modèles forts et uniques ?

Président Kagame : Pour moi, je me vois en tant que personne, en tant qu’être humain, en tant que Rwandais, en tant qu’Africain, et donc ces luttes sont des choses que nous devons affronter et traiter directement sans aucune excuse, sans aucune peur, sans même le sentiment que nous le faisons comme une faveur à n’importe qui, mais plutôt à nous-mêmes, à l’humanité, à beaucoup d’autres qui n’ont peut-être pas pu avoir une chance ou penser à faire ce que nous avons fait.

Donc c’est une chose assez large, je vois effectivement ma façon d’évoluer vers ça comme faisant partie de l’histoire de beaucoup d’Africains, autant, étant donné cette histoire que ce soit à l’époque coloniale ou la mauvaise gouvernance d’aujourd’hui ou les injustices, les doubles standards qui existent dans le monde qui nous touche aujourd’hui.

Afrique ou Rwanda, vous découvrirez que nous sommes un pays que vous voulez faire, vous savez que les citoyens veulent faire le meilleur pour eux-mêmes.

Il se trouve que vous êtes un leader de ces gens, mais vous trouvez qu’il y a ces injustices et toutes sortes de problèmes qui vous affectent, qui ne sont pas de votre fait, qui viennent d’ailleurs, qui sont liés à l’histoire de la façon dont les gens voient vous, comment ils veulent vous voir, et, alors vous êtes pris là au milieu et vous devez faire quelque chose à ce sujet.

Il n’y a pas grand-chose que vous puissiez faire en tant qu’individu ; vous devez faire beaucoup avec les autres et tout vient et s’appuie sur la pensée politique des gens.

Ali Aldafiri : Monsieur le Président Paul Kagame du Rwanda, nous vous rémercions beaucoup.

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Rapport spécial

La Rwandaise Rugwabiza nommée nouvelle patronne de la Minusca

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Le Secrétaire général des Nations Unies António Guterres a, jeudi le 23 février 2022, annoncé la nomination de Valentine Rugwabiza du Rwanda comme son nouveau Représentant spécial pour la République Centrafricaine et chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République Centrafricaine (MINUSCA).

Mme Rugwabiza succède à Mankeur Ndiaye du Sénégal, qui dirige la Mission depuis 2019.

“Le Secrétaire général est reconnaissant des services rendus par M. Ndiaye au peuple de la République Centrafricaine pendant une période mouvementée et critique de son histoire. Son leadership a joué un rôle déterminant dans le soutien global de la MINUSCA aux élections générales tenues en 2020-2021,” lit le communiqué.

Mme Rugwabiza a travaillé pendant plus de trente ans sur les questions de développement et de sécurité en Afrique dans les secteurs publics et privé en tant que membre du gouvernement, haut diplomate du Rwanda accrédité auprès de plusieurs pays et organisations et haut responsable d’institutions nationales, régionales et multilatérales.

Depuis 2016, Mme Rugwabiza a été Représentante permanente du Rwanda auprès des Nations Unies et ambassadrice non-résidente du Rwanda en Colombie et en Jamaïque.

De 2014 à 2016, elle a été ministre des Affaires de la Communauté de l’Afrique de l’Est et membre de l’Assemblée législative de l’Afrique de l’Est. De 2013 à 2014, elle a été directrice générale du Rwanda Development Board et membre du cabinet.

De 2005 à 2013, Mme Rugwabiza a été Directrice générale adjointe de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève. 

Auparavant, elle a été Représentante permanente du Rwanda auprès de l’Office des Nations Unies à Genève et des agences spécialisées des Nations Unies, ainsi qu’Ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire du Rwanda en Suisse, de 2002 à 2005.

Les chiffres récents de novembre 2021 montrent que la MINUSCA est composée de 15 663 casques bleus, dont 1230 civils, 146 experts, 2366 policiers, 322 personnels, 322 personnels, 11 274 militaires et 275 volontaires.

Le Rwanda compte 1696 soldats et 505 policiers plus que d’autre pays de la MINUSCA, avec d’autres troupes déployées sous un accord bilatérale pour rétablir la paix à l’approche des élections partielles en Centrafrique.

Le Rwanda a récemment nommé l’ambassadeur Gatete Claver comme successeur de Rugwabiza à New York.

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Rapport spécial

Claude Muhayimana condamné à quatorze ans de réclusion pour ‘complicité de génocide’

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A l’annonce du verdict, Claude Muhayimana est resté stoïque et impénétrable comme il l’a été tout au long de son procès. Jeudi 16 décembre, l’ancien chauffeur de la guest-house de Kibuye, dans l’ouest du Rwanda, a été condamné à quatorze ans de réclusion pour « complicité de génocide » par la Cour d’assises de Paris au terme de délibérés qui ont duré une dizaine d’heures, les jurés devant répondre à au moins 100 questions.

Agé de 60 ans, le Franco-Rwandais, qui comparassait depuis le 22 novembre, a été reconnu coupable d’avoir transporté des miliciens sur différents lieux de massacres pendant le génocide des Tutsi au printemps 1994.

Les faits étant liés au « crime des crimes », ils sont imprescriptibles. « En suivant quasiment les réquisitions du ministère public [qui réclamait une peine de 15 ans], la Cour a considéré qu’il n’y avait pas de petites mains, ni de petits exécutants dans un génocide, a déclaré Etienne Nsanzimana, président d’Ibuka, une association de soutien aux rescapés, qui s’était constituée partie civile. Il n’y a pas de faits mineurs dans un génocide dans lequel un million de Tutsi ont été massacrés. »

« Claude Muhayimana n’est peut-être qu’un maillon mais chaque maillon, chaque individu, a joué un rôle dans l’entreprise génocidaire, a ajouté Matthieu Quinquis, avocat de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), également partie civile. A un moment donné, chacun doit rendre des comptes et c’est ce qui s’est passé ce soir. »

Le Monde nous rappelle que au cours du procès, une quinzaine de témoins ont affirmé, pendant les trois semaines et demie d’audience, avoir vu Claude Muhayimana transporter, au volant « d’une Daihatsu Bleue » puis « d’un Hilux rouge », des Interahamwe, des miliciens responsables de très nombreux massacres, dans les alentours de Kibuye et sur les collines de Bisesero. Autour du lac Kivu, les tueries ont fait au moins 72 000 morts entre le 7 avril et la fin du mois de juin 1994.

Claude Muhayimana « s’est positionné au plus près des crimes », a déclaré le ministère public à l’audience. L’accusé « ne peut ignorer à quoi il a contribué », notamment parce que, sur la plateforme de son véhicule, les miliciens chantaient qu’il fallait « exterminer les Tutsis ». « Du fœtus au vieillard, dans des charniers à ciel ouvert, une chaîne de vie a été éradiquée », avait expliqué Myriam Fillaud, avocat général.

Claude Muhayimana a rejoint la France à la fin des années 1990. Un mandat d’arrêt a été émis contre lui par les autorités rwandaises en décembre 2011. Quelques mois plus tard, la cour d’appel de Rouen, où il vivait avant son incarcération, a donné un avis favorable à son extradition avant que la Cour de cassation n’annule cette décision.

Ce refus a été réitéré en 2014, à la suite d’un avis favorable de la cour d’appel de Paris. L’audience devait initialement se tenir en septembre 2020 mais elle a ensuite été décalée à deux reprises à cause de la pandémie de Covid-19.

Rescapés et anciens tueurs

En juin 2013, le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), qui traque les présumés génocidaires réfugiés sur le territoire français, avait déposé plainte contre lui. « C’est un long processus judiciaire qui s’achève ce soir et il se termine par une condamnation, a fait savoir Alexandre Kiabski, avocat du CPCR. Cela signifie que les victimes ont été entendues et que le Collectif que je représente ne s’était pas trompé. »

L’accusé, placé un an en détention provisoire en 2014, travaillait jusqu’à présent en tant que cantonnier à la mairie de Rouen. Immobile pendant les longues heures d’audience, bras et jambes croisés devant ses avocats, Claude Muhayimana est-il cet « homme ordinaire » que sa défense a décrit au fil du procès ? « Les crimes que nous avons évoqués sont extraordinaires, a tranché Aurélie Belliot, avocate générale. Il a été un acteur dans le dispositif de la traque des Tutsi. »

Les deux parties ont toutefois reconnu la fragilité des témoignages entendus. Rescapés des massacres ou anciens tueurs, une cinquantaine de témoins se sont succédé à la barre. « Ils ne permettent pas de concourir à l’éclosion de la vérité, a plaidé Me Philippe Meilhac, l’un des trois avocats de Claude Muhayimana. Il est impossible de dater certaines attaques car il y a peu de détails et finalement très peu de concordances. On s’est installé dans un flou, on ne voit pas grand-chose. »

Claude Muhayimana est difficile à cerner. Avant sa naturalisation en 2010, il avait effectué une demande d’asile auprès de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Celle-ci avait été refusée parce que son parcours comprenait déjà des zones d’ombre et des éléments mensongers, comme la mort d’une partie de sa famille. Il l’a justifié à la barre par « une erreur de traduction ».

Même s’il parle bien le français aujourd’hui, Claude Muhayimana s’est exprimé en kinyarwanda, la langue communément parlée au Rwanda, pour nier en bloc toutes les accusations portées contre lui. « Ces témoins accusateurs, ils sont formés pour accuser », a-t-il martelé. Le président a parfois semblé irrité par ces dénégations, notamment lorsque l’accusé a dû expliquer pourquoi le planning des gendarmes français censés enquêter sur lui au Rwanda avait été retrouvé à son domicile avec la liste des témoins que ces derniers devaient rencontrer. Après quelques hésitations, Claude Muhayimana a reconnu qu’il avait mandaté une avocate rwandaise pour contacter des témoins à Kigali et leur proposer de l’argent.

Crise de malaria

Le Franco-Rwandais est resté fidèle à la version des faits qu’il avait initialement présentée, selon laquelle il ne se trouvait pas à Kibuye pendant les massacres de masse. Il a présenté un certificat attestant qu’il était en déplacement à Ruhengeri, dans le nord du Rwanda, entre le 14 et le 27 avril, afin d’acheminer la dépouille d’un gendarme, tué pendant des combats.

D’après lui, il ne pouvait donc se trouver dans la région de Kibuye lorsque se sont déroulées les tueries perpétrées dans l’église (le 17 avril, près de 2 000 morts) et au stade Gatwaro (le lendemain, 11 400 morts), contrairement à ce qu’ont dit certains témoins.

L’accusé a ensuite déclaré que, après son retour de Ruhengeri, il était resté chez lui « sans pouvoir conduire » pendant quasiment deux mois, à la suite d’une crise de malaria. Mais il a cette fois été contredit par son ex-femme, qui l’a qualifié de « menteur » et de « manipulateur »« Il partait avec des miliciens le matin et revenait avec eux le soir », s’est-elle souvenue, soulignant toutefois qu’elle « n’avait jamais vu de traces de sang sur ses habits ». « Claude Muhayimana a toujours préservé son véhicule, a déclaré pendant l’audience Matthieu Quinquis, avocat de la Licra. Il lui aurait suffi de couper une durite ou de dégonfler un pneu pour ne pas conduire les miliciens et préserver ne serait-ce qu’une vie. »

Les avocats de Claude Muyahimana ont plaidé la contrainte, rappelant que son ex-femme était une Tutsi et qu’il avait « peut-être été contraint de donner des gages minimums comme conduire des Interahamwe » pour lui sauver la vie. Ils ont enfin souligné que l’accusé est membre du Congrès national rwandais (RNC), un parti d’opposition au régime de Paul Kagame, et que, en tant qu’opposant, il était victime d’une persécution de Kigali. Mais l’élément de contrainte n’a pas été retenu par la Cour d’assises de Paris. Ses avocats ont annoncé qu’ils entendaient faire appel de ce jugement.

 

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Rapport spécial

PARTIE II : Pourquoi L’Ouganda Est Provocateur Et Irrespectueux ?

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Celui-ci est notre deuxième article de la série exposant les dynamiques historiques et actuelles qui sont pertinentes à la relation glaciale entre le Rwanda et l’Ouganda.

Vivement, nous nous remémorons des moments qui nous aident à exposer l’hostilité du président Yoweri Museveni contre le Rwanda. Dans cet article, nous nous concentrons sur ce qui s’est passé au début des années 90. Nous choisissons des exemples clés et forts qui mettent en lumière la cohérence du comportement de Museveni malgré le fait que les deux pays aient partagé un milieu socio-politique avec des degrés variables d’interludes.

Sans doute, peu de temps après la lutte de libération pour arrêter le génocide de 1994 contre les Tutsis, les pays de la région étaient devenus le second foyer de milliers de réfugiés rwandais, en particulier des éléments de l’ancien régime de Habyarimana, qui avaient participé au génocide.

La plus grande majorité s’était établie dans les jungles de la RD Congo (Zaïre). Le gouvernement de la Republique Democratique du Congo avait aussi progressivement perdu son emprise sur la gestion de l’État, créant un environnement propice pour que les Interahamwe se mobilisent, s’organisent et retournent au Rwanda et achèvent leur mission d’extermination des Tutsis.

Pendant ce temps, les groupes politiques et armés congolais se battaient également pour le contrôle.

Les combats consécutifs de Kisangani

Au vu des problèmes de sécurité, le Rwanda s’est déployé en RDC pour débusquer les génocidaires qui s’étaient installés dans des camps militaires et de réfugiés le long de la frontière commune de la RDC avec le Rwanda, prêts à frapper et à accomplir leur mission d’extermination des Tutisi.

Donc, c’était à la fin de 1996 lorsqu’ils ont combattu aux côtés de Laurent Désiré Kabira de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo pour renverser Mobutu.

L’installation de Kigali ne resterait pas les bras croisés et n’attendrait pas que les ennuis se propagent à la maison. Ils avaient identifié le bon groupe pour apporter leur soutien.

En rappel, ces jours-là, l’APR recevait des éloges du monde entier pour avoir remporté des batailles, mais Museveni les considérait comme des « garçons » qu’il entraînait.

On raconte que lorsque les combattants rwandais avançaient vers Kinshasa, Museveni a demandé à Kigali que son frère, le général Salim Saleh, commande l’assaut final et capture Kinshasa, la capitale de la RDC. Cela a envoyé un mauvais goût aux Rwandais. L’audace de Museveni était insupportable. Sa demande arrogante et irrespectueuse était en déclin. Il remonta néanmoins jusqu’à Kisangani durant ce qu’on appelle le Congo II.

Lors du Congo II, Museveni a lutté pour justifier le déploiement de ses troupes en RDC, mais il a continué et remonté Kisangani qui avait été libéré par les troupes rwandaises (APR).

Ironiquement, Museveni a insisté pour que l’APR se retire de Kisangani et permette aux troupes ougandaises de l’occuper, ce que le Rwanda a refusé. Apparemment, le plan de Museveni était d’établir une faction dissidente du RCD dirigée par Wamba Dia Wamba.

Soudain,  août 1999, un samedi matin, des combats ont éclaté entre les forces ougandaises et rwandaises.

Les combats ont éclaté – avec des affrontements pour le contrôle du centre-ville et de l’un des deux aéroports – après que le RCD-Goma eut interrompu une « tournée d’explication » autour de Kisangani pour informer le public sur l’accord de Lusaka, selon le porte-parole du RCD-Kisangani, Sessanga. Ipongo.

Dans cette bataille au canon, l’Ouganda a été vaincu. Pour Museveni, la défaite a été douloureuse. Il a continué à chercher une chance de contrôler sa colère contre les Rwandais. Il a engagé ses commandants à Kisangani pour créer secrètement de la place pour un autre affrontement contre les Rwandais. Les deux parties se sont affrontées à trois reprises, y compris en mai et juin 2000. Les troupes ougandaises ont été à nouveau frappées presque jusqu’à l’inhalation totale.

Notamment, le 5 juin 2000, des tirs nourris ont été entendus dans le ciel entre les deux parties.

L’Ouganda a provoqué les Rwandais en bombardant leurs positions à Kisangani en milieu de matinée le 5 juin et a menti que ses forces avaient simplement répondu à une attaque contre l’un de ses véhicules de l’armée. Le bombardement a été suivi d’une attaque au sol.

En réponse à la provocation et à l’arrogance ougandaises, les troupes rwandaises bien organisées et commandées ont contre-attaqué l’UPDF dans une bataille féroce de sept heures qui a mis fin à une semaine de bombardements terrifiants et aveugles. L’Ouganda a subi de lourdes pertes que Museveni n’a jamais oubliées jusqu’à aujourd’hui.

 

 

Quelques combattants ougandais restants ont failli se jeter dans le fleuve Congo avant que les commandants rwandais n’arrêtent volontairement le feu.

Le President Museveni aurait demandé grâce aux autorités rwandaises alors que les combats s’ensuivaient.

Selon des témoins à l’époque, les corps criblés de balles de plus de 2000 soldats ougandais gisaient le long de la route de gravier qui mène au pont où les troupes rwandaises ont arrêté la poussée ougandaise dans la ville portuaire du fleuve Congo. La pestilence de la mort était partout, et il n’y avait ni eau, ni électricité, ni nourriture, ni médicaments.

Hélas, pendant ce temps, Museveni a été humilié lorsqu’il a appris que des dizaines de ses combattants étaient détenus par des combattants rwandais comme prisonniers de guerre. Il l’a ouvertement nié. Lorsque les Rwandais ont rapatrié les prisonniers de guerre, Museveni les a accueillis en héros.

Les prisonniers étaient détenus dans un camp militaire de la préfecture centrale de Gitarama. « Les autorités ougandaises devraient cesser de se poser en niant que nous n’avons pas leurs prisonniers. Il est normal de faire des prisonniers dans n’importe quelle guerre ». Bideri a ajouté : « Les dirigeants de l’armée ougandaise négocient leur libération avec les autorités militaires ici » ( Lire : https://www.thenewhumanitarian.org/report/15983/rwanda-ugandan-prisoners-war-paraded)

De retour en RDC, des observateurs de l’ONU non armés étaient en place pour surveiller le cessez-le-feu appelé par les forces ougandaises. L’ONU a levé son drapeau et a déclaré que tout nouveau combat serait considéré comme un acte d’agression contre la communauté internationale. A cette époque, les soldats rwandais avaient capturé des tonnes de munitions, des fusils et une batterie antiaérienne laissée par les Ougandais.

 

Parlant de ce qui s’est passé, « Je n’en suis pas fier », a alors déclaré un commandant rwandais. «Mais on nous a tiré dessus. Nous avons gagné parce que nos soldats savent pourquoi ils se battent. Nous quittons maintenant Kisangani quelles que soient les intentions ougandaises. Les combats ont pris fin.

 

Ce fut une autre défaite pour Museveni qui a ajouté plus de sel à la blessure. Museveni n’a jamais pardonné cela au Rwanda. Aussi menaçant qu’il soit, Museveni n’a jamais enterré la hache de guerre. Sa haine et son amertume contre le Rwanda sont toujours ardentes.

Notre prochain article sera publié prochainement.

PARTIE I : Pourquoi l’Ouganda est provocateur et irrespectueux ?

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