22 July 2024
#Rapport spécial

PARTIE I : Pourquoi l’Ouganda est provocateur et irrespectueux ?

Cet article fait partie d’une série qui nous allons diffuser  sur la plateforme pendant des semaines. Nous nous concentrerons sur les dynamiques historiques et actuelles entre l’Ouganda et le Rwanda. Nous ferons ressortir quelques faits inconfortables et des exposés qui sont généralement poussés sous les chiffons.

Commençons par un atterrissage en douceur pour les pièces contextuelles qui suivront.

Le 9 octobre 2021, les Ougandais ont célébré 59 ans d’autonomie après que les coloniaux britanniques ont abaissé l’empire, Union Jack, permettant à trois Ougandais de hisser le drapeau noir-jaune-rouge actuel.

Depuis la chute de la domination britannique en Ouganda, les Ougandais organisent chaque année le 9 octobre des célébrations du jour de l’indépendance bien que les temps post-indépendance aient été mouvementés sous des régimes successifs allant de ceux de l’élite, des militaires et des paysans grossiers.

Lorsque les Ougandais ont obtenu leur indépendance en 1962, les réfugiés rwandais vivaient dans des camps éloignés de l’ONU dans ce pays d’Afrique de l’Est après avoir été expulsés de leur patrie en 1959, en raison de politiques de division dangereuses.

Le régime ougandais actuel inauguré par le National Resistance Movement, un ancien groupe rebelle composé principalement de paysans et de défavorisés, a servi la plus longue période depuis février 1986.

Les réfugiés rwandais ont joué un rôle central dans la guerre prolongée de quatre ans qui a renversé le président Milton Obote et installé le président actuel, Yoweri Museveni, qui est au pouvoir depuis près de quatre décennies aujourd’hui. Le président Museveni et ses acolytes peuvent entrer en guerre pour nier le fait.

Museveni préfère subir une grève de la faim que d’admettre qu’il est au pouvoir en raison du sacrifice ultime payé par les réfugiés rwandais pour le mettre au pouvoir.

Pour rappel, les réfugiés rwandais se sont ensuite mobilisés clandestinement pour lancer une autre guerre contre le Rwanda et rentrer de force chez eux. C’est un sujet que nous reviendrons plus tard et que nous aborderons séparément.

Or, pour les Ougandais, le mois d’octobre est extrêmement important dans l’histoire du pays. Octobre est tout aussi important pour les Rwandais aujourd’hui. Le 1er octobre 1990, des soldats ougandais d’origine rwandaise ont déserté sans prévenir le président Museveni et attaqué le poste frontière de Kagitumba et sont entrés au Rwanda. Ils devaient libérer le Rwanda d’un régime génocidaire sous feu le président Juvénal Habyarimana qui avait terrorisé le pays et supervisé un génocide engloutissant tout le pays. C’est aussi un autre sujet que nous approfondirons dans la série.

Continuons. Pour le président Museveni, en déplacement à New York pour une conférence d’enfants, la désertion de ces soldats rwandais aguerris au combat a affaibli l’armée ougandaise tant en commandement qu’en efficacité. Ce fut une grande perte que, selon ceux dans les couloirs du pouvoir, Museveni n’ait jamais pardonné au régime actuel de Kigali.

Ceux qui ont mené la lutte de libération étaient en effet des commandants supérieurs de la formation militaire de Museveni, l’Armée de résistance nationale (NRA). Beaucoup sont morts, mais bon nombre d’entre eux sont encore en vie, y compris le président actuel, Paul Kagame.

Museveni n’aime pas entendre cela. C’est un tabou. Cela lui donne un mauvais goût. Personne ne peut vraiment expliquer pourquoi il est si mécontent et hostile. Depuis que les Rwandais de sa NRA ont quitté l’Ouganda, il a fait preuve d’hostilité et d’une attitude condescendante au point de saboter leurs efforts pour établir un État développé et efficace que le Rwanda est aujourd’hui.

Museveni, qui dans les premières années du régime du Front patriotique rwandais (FPR/A) à Kigali s’est adressé à plusieurs reprises aux soldats du Front patriotique rwandais/armée (RFF/A) comme ses garçons, ce qui a agacé les maîtres à Kigali. Ils ont cependant insisté sur le fait qu’il doit se comporter et respecter le Rwanda souverain.

Le Front patriotique rwandais (FPR/A) a destitué le président Juvénal Habyarimana du pouvoir après avoir combattu et vaincu ses Forces armées rwandaises (FAR), qui se sont repliées dans la jungle de l’ex-Zaïre en RDC. Les FAR avec le soutien de la France et des milices Interahamwe avaient tué plus d’un million de Tutsis dans ce que l’ONU a reconnu plus tard comme le génocide de 1994 contre les Tutsis.

Des éléments Interahamwe et des FAR bien sûr soutenus par l’armée française ont lancé des attaques transfrontalières au Rwanda depuis leurs bases dans la jungle au Zaïre de 1994 à 1999. Le FPR/A n’a pas pu regarder, ils ont poursuivi ces bandits et leur ont considérablement cassé le dos.

Notre prochaine pièce arrive mercredi.

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